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février 21, 2024
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Oswald Baboke : Un homme d’Etat incompris

Prenant à partie le directeur adjoint du cabinet civil de la présidence de la République, les adeptes des réseaux sociaux en ont fait un évangéliste de mauvais ton, eu égard à son obédience pentecôtiste. Or, au Cameroun, la laïcité est constitutionnelle, comme pour dire que chacun peut y aller de ses croyances religieuses sans heurter quiconque.

Pourtant, tel ne semble pas être le cas pour cet éminent commis de l’Etat, vilipendé et traité de tous les noms d’oiseaux depuis peu parce qu’il détiendrait une page officielle Twitter régulièrement fournie par une large diffusion des activités présidentielles qui relèvent de sa fonction. Mais également par des édits bibliques. Aussi peut-on valablement comprendre qu’il y prodigue assez régulièrement des enseignements sur la foi, la vie chrétienne, et même la vie tout court. Ainsi, chaque samedi, les 9164 followers d’Oswald Baboke sont aux aguets, à l’attente du tweet hebdomadaire auquel ils les a habitués. Tantôt en Français, très souvent dans la langue de Shakespeare, ses tweets suscitent en quelques heures des centaines d’interactions. Peu porté à la parole, l’ancien d’Eglise à la Chapelle de la Gloire du Christ, ne répond pas à toutes les questions qui pleuvent sous ses tweets. Mais discrètement, il appose un ”like” sur une réponse qui lui a semblé pertinente. Certains jeunes très en vue sur ce réseau social, sont aussi souvent surpris de constater qu’il a réagi à leurs publications. Pour ainsi dire, c’est l’intéressé en personne qui gère son compte Twitter, pour enseigner, évangéliser, conscientiser. Pas seulement par ce canal, mais aussi au travers de ses prédications à l’église, et même par télé-enseignement via l’émission ” In Studio”, qu’il présente lui-même.

Amalgame malveillant

Analyse faite, il est devenu une sorte de victime expiatoire pour intolérants religieux doublés de jaloux qui s’expliquent mal sa liberté de ton parlant de ses connaissances bibliques, voire de ses convictions religieuses, comme s’il y avait au Cameroun quelque mal à fréquenter les milieux pentecôtistes ou ce qui en tiendrait lieu. Aussi ses détracteurs lui attribuent-ils volontiers des velléités d’évangéliser pour influencer le sommet de l’Etat, alors qu’il n’en est rien. A moins que ses adversaires et détracteurs ne choisissent de manière subtile à casser sa fulgurante ascension au sein d’un gouvernement qu’on connaît plutôt immobile au pays de Paul Biya. Or dans le même temps, de nouveaux visages émergent, parmi lesquels celui de Oswald Baboké qui est à 44 ans, l’un des soutiers du pouvoir dont l’influence croît au fil des années. Le discret conseiller technique au cabinet civil du président touche à tout, avec une prédilection pour la communication. Diplomate formé à l’Institut des relations internationales du Cameroun (IRIC), à Yaoundé, Oswald Baboké a fait l’essentiel de sa courte carrière à la présidence, où il est réputé proche de la première dame, Chantal Biya. Une proximité plutôt mal perçue dans un environnement fortement miné par des batailles successorales supposées ou présumées au sein même de l’entourage plutôt restreint de Paul Biya. Du coup, la forte circulation de ses tweets au-delà de Twitter montre bien l’intérêt qu’ils suscitent, auprès de cette jeunesse internaute qui est un peu perdue dans les combats politiques virtuels. ”Le Tweet de Oswald Baboke a fait fort. Inconsciemment ou consciemment il a frappé la fourmilière. C’est ainsi lorsqu’on est en collaboration étroite avec une personne qui incarne elle même la sagesse” a écrit à ce propos le jeune Biwono Onana En commençant à partager ses prédications en juin 2012, Oswald Baboke ne s’attendait certainement pas à devenir l’un des personnages les plus en vue, un pourrait-on dire. Sans faire concurrence à sa fille l’artiste gospel Indira (certaines rumeurs prêtent d’ailleurs au Ministre un talent caché pour le micro), le membre du gouvernement en tout cas semble avoir trouvé le bon angle, pour ” rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu”. Une maxime suffisamment explicite pour démêler l’écheveau pourrait-on dire quand bien même en ce monde où le scepticisme l’emporte sur le pragmatisme, on se fait volontiers fort d’alimenter amalgame et suspicion indue pour ébranler des rocs à l’instar de l’insidieuse cabale que subit Oswald Baboké depuis quelque temps.

Grace Engome

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