On délivre , on annule, on délivre…on annule C’est une pratique désormais érigée en loi au ministère des Domaines, du cadastre et des affaires foncières (Mindcaf). Dans ce département ministériel que pilote le juriste Henri Eyébé Ayissi, les normes veulent qu’un titre foncier soit délivré le matin, et dans l’après-midi, il est purement et simplement annulé.
Chaos total, les populations de NGOMA s’offusquent contre cette pratique, comme si cela ne suffisait pas, ils sont jetés à la rue de force, on observe des casses en cascades, en gros on assiste à un déguerpissent de masse, or ces populations ont tous leurs papiers en bonne et due forme « Nous sommes fâchés. Nous avons acheté un terrain, titré il y a de cela peut être vingt ans. Il y a deux ans, un monsieur est arrivé avec un autre titre foncier et dit que c’est superposé à notre titre. Nous l’avons battu au tribunal qui nous a donné gain de cause et nous avons investi sur notre terrain. Un matin on nous appelle que ce monsieur est venu avec des engins entre de détruire, de casser », s’étrangle de colère Bertine Ndongock, victime de cette expropriation forcée.
Tout commence en 2004, lorsqu’un titre foncier de 99 hectares est attribué à la famille Log Diheng de Ngoma, représentée par Ndame Eyoum Ferdinand, président du comité de développement de Ngoma. Sur ces terres, plus de 500 familles bâtissent leur avenir, en toute légalité, avec des documents en règle.
A travers les marches de protestation qui s’enchaîneront, il était aisé de comprendre que les populations villageoises s’insurgeaient contre le nouveau chef qui, manifestement, était engagé dans une action de spoliation de leur terre avec, dit-on, la complicité de l’administration.