Du 17 au 19 février 2025, l’Atlantic Hotel de Kribi a accueilli une formation nationale destinée aux journalistes sur la pollution de l’air et ses impacts sur la santé. Cette initiative, financée par Clean Air Fund et mise en œuvre par l’APYLAV (Association for the Promotion of Youth Leadership, Advocacy, and Volunteerism Cameroon), a rassemblé 15 journalistes issus des dix régions du Cameroun, des experts en santé, ainsi que des représentants gouvernementaux et de la société civile.
L’objectif de ce séminaire était clair : renforcer les capacités des journalistes afin d’améliorer la communication sur les dangers de la pollution de l’air et d’inciter à des actions d’atténuation. En effet, alors que la pollution de l’air est responsable d’environ 10 % des décès au Cameroun en 2021, le pays ne dispose toujours pas d’une norme nationale spécifique sur les particules fines (PM2.5). Une situation préoccupante, amplifiée par une faible médiatisation du phénomène.
Dès l’ouverture des travaux, les allocutions des représentants du ministère de la Communication et du ministère de la Santé publique ont souligné l’urgence d’une mobilisation conjointe entre les professionnels des médias et les experts de la santé. L’intervention de Nina Renshaw, du Clean Air Fund, et du professeur Eva Kantelhardt, de l’Université Martin Luther d’Allemagne, a mis en lumière le lien étroit entre pollution atmosphérique et maladies cardiovasculaires et respiratoires.
Les sessions de formation ont permis d’explorer divers axes stratégiques : l’impact de la pollution sur la santé publique, les inégalités environnementales, la nécessité d’une transition énergétique, ainsi que les bonnes pratiques journalistiques pour enquêter et sensibiliser sur ces enjeux. Des experts nationaux et internationaux, tels que Dr Pefura Eric de l’Université de Yaoundé I et Mme Elaine Ruth Fletcher, rédactrice en chef de Health Policy Watch, ont partagé leurs connaissances avec les participants.
Au terme de ces échanges, une stratégie nationale de communication pour un air pur a été élaborée. Ce document, fruit des recommandations des journalistes et des experts, vise à structurer l’information et à influencer les politiques publiques. Il servira de socle à un plaidoyer national, avec une présentation officielle prévue lors de la deuxième Conférence mondiale de l’OMS sur la pollution de l’air et la santé en mars 2025.
Ce séminaire marque un tournant décisif dans la prise de conscience médiatique sur les effets dévastateurs de la pollution de l’air au Cameroun. Avec une meilleure couverture du sujet dans la presse écrite, audiovisuelle et en ligne, l’espoir est désormais permis pour une mobilisation accrue des pouvoirs publics et des citoyens en faveur d’un environnement plus sain.
Par Rodrigue Florent NGANI